Retour à la page d'acceuil
  Nos quatre missions
   > Prévention
   > Les urgences
   > Réadaptation
   > Recherche
  Zoom
   > Coup de projecteur
    . . . Mesurer sa tension
    . . . Epreuve d'effort
   > Clubs Coeur et Santé
   > Recettes
   > Glossaire
   > A vos agendas
   > Plan du site
  Notre Association
   > Qui sommes nous ?
   > Nos partenaires
   > Aidez-nous
   > Contact

LA MESURE DE LA PRESSION AMBULATOIRE - Dr Guy AMAH

Généralités sur la pression artérielle

Lorsque vous allez chez votre médecin et qu’il vous mesure la pression artérielle, il utilise généralement un brassard qu’il placera successivement à chaque bras, et un stéthoscope. Parfois, des appareils automatiques servent également à mesurer la pression artérielle en consultation (à noter que le mot « tension » est souvent utilisé à la place du mot « pression »).

Le médecin vous communique alors deux chiffres :
 le premier correspond à ce que l’on appelle la pression artérielle systolique (ou maxima)
 le deuxième s’appelle la pression artérielle diastolique (ou minima).

La pression artérielle systolique (ou maxima), correspond à la pression qui règne dans vos artères au moment où le cœur se contracte, et la pression artérielle diastolique (minima) est la pression qui règne dans les artères au moment où le cœur se relâche (période de repos entre deux contractions). Les résultats de cette mesure sont exprimés en millimètres de mercure.
Le médecin devrait donc vous dire par exemple : « vous avec une tension de 130/80 millimètres de mercure ». Souvent votre médecin s’exprimera en centimètres de mercure et dira « vous avez 13/8 ».
On parle d’hypertension artérielle (en abréviation HTA), lorsque la pression artérielle systolique (maxima) est supérieure ou égale à 140 millimètres de mercure et/ou lorsque la pression artérielle diastolique (minima) est supérieure ou égale à 90 millimètres de mercure.

Comment mesurer autrement votre pression artérielle ?
La pression artérielle est un paramètre qui varie énormément au cours de la journée et de la nuit et même d’un instant à l’autre. Elle peut être influencée par plusieurs choses, comme par exemple le stress, une émotion, un effort. Dans ces conditions, elle est plus élevée.
Une des difficultés du médecin est de savoir si la pression artérielle mesurée à un moment donné correspond bien à la pression artérielle habituelle de son patient. Cette pression artérielle peut en effet s’élever parce que l’on a peur qu’elle ne soit trop forte ou parce que l’on est stressé par le contact avec le médecin. C’est ce que l’on appelle communément « l’effet blouse blanche ».
Dans ces conditions, on pourrait établir à tort le diagnostic d’HTA et donner des médicaments pour baisser la pression artérielle alors que ces médicaments ne seraient pas justifiés. Tout ceci peut donc créer d’autres problèmes comme par exemple des malaises et même des chutes en raison d’une pression artérielle trop basse. Pour palier à ces difficultés, il existe des méthodes de mesure de la pression artérielle à distance du cabinet médical ou de l’hôpital qui consistent à mesurer soi-même la pression artérielle avec un appareil dit d’automesure tensionnelle à domicile, ou à mesurer la pression artérielle en ambulatoire avec un appareil qui prend les mesures à plusieurs reprises le jour et la nuit sur une durée de 24 heures. Cette dernière méthode s’appelle la mesure ambulatoire de la pression artérielle (en abréviation MAPA). On l’appelle aussi « Holter tensionnel » du nom du Dr. Norman Holter, biophysicien américain qui créa en 1949 une technique de mesure ambulatoire de l’électrocardiogramme sur 24 heures. Ce concept d’enregistrement ambulatoire sur 24 heures a ensuite été adapté pour pour la mesure de la pression artérielle.

Comment se déroule une MAPA ?

On mesure d’abord la pression artérielle aux deux bras.
Il peut y avoir une petite différence entre les deux bras, qui n’est pas pathologique (si cette différence est importante, votre médecin demandera des examens complémentaires pour voir si une des artères qui vont vers le bras est ou non bouchée). On place ensuite un brassard autour du bras où la pression artérielle est la plus forte, brassard relié par un tuyau à un appareil électronique qui a la forme d’un petit boîtier que l’on va porter en bandoulière ou autour de la taille. Ce boîtier est programmé pour déclencher automatiquement des mesures de la pression artérielle dans la période d’activité ( généralement le jour), comme dans la période de repos (généralement la nuit). Les mesures sont faites habituellement une fois toutes les 15 minutes le jour et une fois toutes les 30 minutes la nuit. L’enregistrement se déroule donc sur 24 heures. Pour les personnes qui travaillent de nuit, la programmation est inversée. Il est recommandé d’effectuer cet examen dans une période d’activité professionnelle (et non pas durant les périodes de vacances ou les week-ends) et pour les sujets retraités, d’observer une activité quotidienne habituelle, afin d’avoir des mesures les plus fiables possibles de la pression artérielle.

Les chiffres peuvent en effet être faussés si l’on restreint volontairement ses activités par rapport aux habitudes quotidiennes. On demande également de noter sur une feuille de papier, tout événement marquant durant la période d’enregistrement (par exemple un effort inhabituel, un malaise, une émotion, un stress, l’heure des repas, l’heure du coucher et du lever etc.). Il est possible pour le patient de déclencher lui-même des mesures supplémentaires de la pression artérielle dans des situations particulières comme la survenue d’un malaise par exemple.

Vingt-quatre heures plus tard, vous retournez voir le médecin qui vous a posé l’appareil pour qu’il vous le retire et qu’il fasse l’analyse des résultats de toutes les mesures qui auront été prises durant les 24 heures d’enregistrement. Cette analyse est effectuée sur un ordinateur. Le médecin va tenir compte essentiellement de trois choses : la moyenne générale de toutes les mesures sur les 24 heures d’enregistrement, la moyenne des mesures effectuées dans la période d’activité, et la moyenne des mesures effectuées dans la période de repos. Il pourra ainsi vous dire si votre pression artérielle est restée normale au cours de ces différentes périodes. Un autre élément important est de vérifier si votre pression artérielle baisse suffisamment la nuit (ou dans la période de repos) par rapport à celle de la journée (ou de la période d’activité). En effet, physiologiquement, la pression artérielle nocturne (ou de repos) doit baisser significativement par rapport à la pression artérielle de la journée (ou de la période d’activité). Les résultats sont imprimés et le médecin vous remet le rapport que vous garderez dans vos archives personnelles et que vous montrerez à tout médecin qui en fera la demande.

Pourquoi demander une MAPA ?

Cet examen est demandé lorsque l’on a un doute sur la réalité des chiffres tensionnels observés au cabinet ou à l’hôpital (suspicion d’effet blouse blanche), lorsque l’on veut vérifier l’efficacité du traitement que l’on vous donne pour votre hypertension artérielle si cette efficacité paraît insuffisante à l’occasion des contrôles de votre pression artérielle en consultation, et pour vérifier des variations de la pression artérielle en cas de malaises répétés (on peut déclencher soit même les mesures au moment de ces malaises).


Dr Guy AMAH
Hôpital Lariboisière - Paris